Le massif des Maures en feu : des dégâts et des hommes

Un jour de fort mistral, tout est parti lundi 16 août à 17h45 d’une aire d’autoroute, l’aire Les Sigues (voir ci-dessous), sur l’A57 à hauteur de Gonfaron, dans le sens Toulon-Le Luc. Attisé par le mistral et la sécheresse, l’incendie a rapidement pris de l’ampleur ; la cause humaine, comme pour 9 incendies sur 10, est fortement probable. 

Luc Langeron, directeur du département Information et Prévention à l’Entente pour la forêt Méditerranéenne : « on le sait, les mégots mettent le feu, derrière un petit geste on a des drames. On ne rappelle jamais assez la question de la vigilance, surtout après un épisode de sécheresse corrélé avec un vent fort. On a passé notre été à faire en sorte que le message passe, notamment via des panneaux sur l’autoroute et sur une tournée estivale avec le partenaire fondation Vinci Autoroute, mais on a encore des fumeurs qui ne respectent rien, on est dans des gestes pourtant basiques mais aux conséquences terribles. En tout cas, je ne voudrais pas être à la place de ce fumeur, qui a une responsabilité directe avec les 2 décès. Enfin, j’ai une grosse pensée bien sûr pour les pompiers et toute la filière et les collectivités. » 

Campagne de prévention

L’incendie a parcourue près de 8100 hectares, notamment dans la réserve naturelle nationale de la Plaine des Maures (que Forêt Modèle de Provence avait fait visitée en juin dans le cadre du programme européen sur la Coopération et l’éducation comme clés du développement durable, avec la Pologne et la Croatie). Cette réserve compte 241 espèces protégées faune et flore, notamment la tortue d’Hermann. Malgré la mobilisation de 1200 pompiers et 250 engins, le vent et la sécheresse ont rendu très difficile la lutte avec une propagation de l’incendie très rapide.

Au-delà des nombreux dégâts matériels, le dernier bilan fait état de 2 morts et de 26 blessés dont 19 civils victimes d’intoxications et 7 sapeurs-pompiers ; 10 000 touristes et habitants ont dû être évacués, 50 habitations détruites.  

Et maintenant ? 

La forêt a certes une capacité de régénération naturelle, par contre les feux trop fréquents, l’érosion des sols, risquent de compliquer les choses, avec des modifications du milieu, avantageant notamment les espèces invasives. 

Le temps du bilan viendra, mais surtout l’urgence de penser à un protocole post incendie, permettant de mettre en place des fascines (aménagement linéaire fait de branchages et de troncs incendiés) pour lutter efficacement contre l’érosion des sols, principal danger après un incendie puisque constituant un risque pour la fertilité des sols empêchant ainsi la forêt de s’implanter de nouveau, mais aussi pour les populations : inondation, coulée de boue. Il est également conseillé d’accompagner la régénération naturelle en recépant, taillant ou coupant si nécessaires les arbres endommagés par le feu. Les plantations ne sont par contre pas conseillées à court terme, la régénération naturelle étant la plus efficace (elle peut être cependant aidée, notamment en protégeant les rejets des gibiers).  

Régénération d’un arbousier.

Pour la mise en place du protocole post-incendie, l’association l’ASL Suberaie Varoise est compétente, n’hésitez pas à vous rapprocher d’elle =>aslsuberaievaroise83@gmail.com

Et l’activité économique dans tout ça ? 

Philippe Bregliano, Président de la Coopérative Provence Forêt (gestionnaire forestier) : « La forêt il faut quand même l’exploiter, malgré son aspect décoratif dans le sens touristique et biodiversité, mais ce n’est pas une forêt primaire (N.D.L.R : à part celle de la Sainte-Baume), elle est le résultat de l’activité humaine. En abandonnant certaines filières, comme le chêne-liège, on avantage la biomasse. Surtout qu’on ne manque pas de forêt (N.D.L.R : 2ème département le plus forestier de France) mais de terres agricoles, c’est ce qui permet d’ailleurs d’arrêter le mieux l’incendie. Soutenir une activité économique forestière soutenable et durable servira à diminuer la quantité combustible, permettant des incendies de moindre ampleur protégeant vies humaines et biens matériels. » 

 

Pour rejoindre le réseau Forêt Modèle de Provence. 

Pour soutenir les actions de Forêt Modèle de Provence en faveur de nos forêts (programme de plantations, échange européen, événements grand public, etc), n’hésitez pas à adhérer ou faire un don => https://www.helloasso.com/associations/foret-modele-de-provence/adhesions/adhesion-2021-a-foret-modele-de-provence-1

Nicolas Plazanet

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