Face à l’augmentation dramatique des incendies et à l’accélération du réchauffement climatique, le Comité National du Liège appelle à refonder la politique forestière française en intégrant massivement le chêne-liège, une essence naturally protégée par son écorce et génératrice d’économie durable.
+646 000 ha Brûlés en Europe cette année | +125 % Mortalité annuelle des arbres | 100 % Ressource renouvelable & |
UN CONSTAT ALARMANT : LA VULNÉRABILITÉ CROISSANTE DE NOS MASSIFS
Les incendies d’une violence inédite qui ont frappé cet été la Corse, le Var, les Pyrénées-Orientales et la Gironde rappellent la vulnérabilité extrême de nos massifs forestiers. Cette crise dépasse largement le périmètre méditerranéen : si l’Espagne, le Portugal, l’Italie, la Grèce, l’Algérie et le Maroc sont durement impactés, des régions plus septentrionales comme l’Autriche, l’Allemagne, la Belgique ou la Norvège ont vu des milliers d’hectares partir en fumée, tandis que le Royaume-Uni subissait la perte inédite de 22 206 hectares.
Selon l’Inventaire Forestier National de l’IGN, l’intensification des sécheresses, la hausse des températures et la prolifération des ravageurs fragilisent des peuplements entiers. Protéger l’existant ne suffit plus : les arbres plantés aujourd’hui doivent être en mesure de survivre dans le climat de 2050, 2070 et au-delà.
LE CHÊNE-LIÈGE : UNE ARMURE NATURELLE FACE AU FEU
S’il est impossible d’empêcher tous les départs de feu, il est en revanche possible d’adapter nos massifs en choisissant des essences résilientes. Parmi elles, le chêne-liège présente une singularité remarquable : son écorce constitue une protection thermique naturelle exceptionnelle lui permettant de survivre au passage des flammes et de régénérer son feuillage.
L’expérience menée en Gironde par l’expert paysagiste Philippe Niez sur des chênes-lièges landais ayant notamment résisté au grand froid historique de 1956 montre que l’aire géographique actuelle d’une essence ne doit plus constituer une frontière rigide. Le climat évoluant plus vite que la migration naturelle des arbres, l’accompagnement humain à la plantation plus au nord et en altitude s’impose comme une nécessité scientifique et écologique.
ÉCOLOGIE ET ÉCONOMIE : L’ALLIANCE INDISPENSABLE
La résilience durable d’une forêt repose également sur sa capacité à générer une activité économique locale. La filière liège s’appuie sur une exploitation vertueuse où les arbres produisent du liège sur plusieurs générations, sans jamais être abattus.
Les opérations concrètes de plantation menées à Passa (Pyrénées-Orientales) avec 3 400 chênes-lièges, ainsi que dans le Var (3 252 arbres sur 6,4 hectares), démontrent l’efficacité opérationnelle du modèle. Historiquement lié à l’industrie viticole et au champagne, le liège français s’ouvre aujourd’hui à des applications de pointe hautement technologiques, à l’image des innovations portées par l’entreprise HPK Lièges dans l’aéronautique et l’aérospatial.
UNE STRATÉGIE NATIONALE EN 4 PILIERS POUR LES 50 PROCHAINES ANNÉES
Le Comité National du Liège propose d’engager immédiatement une feuille de route nationale :
- Restaurer les suberaies historiques : Accompagner les propriétaires et professionnels en Corse, dans les Pyrénées-Orientales, le Var et les Landes.
- Lancer des programmes de plantations massives : Soutenir le reboisement public et privé au sein de ces territoires prioritaires.
- Créer des plantations expérimentales : Identifier scientifiquement les zones pédoclimatiques favorables à l’horizon 2050/2100 pour implanter le chêne-liège plus au nord et en altitude.
- Adosser la politique forestière à une stratégie industrielle : Offrir des débouchés économiquement valorisables pour pérenniser l’entretien des forêts.
« Nous ne choisirons pas le climat de 2050. Mais nous pouvons encore agir sur nos territoires. Toute crise porte en elle une opportunité : sauvegardons nos forêts en les rendant plus résilientes et économiquement vivantes. » |
À PROPOS DU COMITÉ NATIONAL DU LIÈGE
Le Comité National du Liège rassemble les acteurs de la filière subéricole française. Il œuvre pour la sauvegarde, la gestion durable et le développement économique des suberaies, tout en promouvant les usages traditionnels et innovants du liège naturel français.
Contact Presse : Comité National du Liège : comitenationalduliege@gmail.com |

